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Nouvel avertissement et premiers accidents…
Cette semaine a offert aux marchés un deuxième avertissement sur ce que devrait être 2018 : l’année des changements de tendances. Si nous ne sommes pas spécialement adeptes de l’investissement de suivi de tendance, consistant simplement à acheter aujourd’hui ce qui vaut plus cher qu’hier de manière systématique, raisonnement que personne n’appliquerait dans la vie réelle, les tendances sont une constante des marchés boursiers qu’il convient de connaître un minimum pour investir, au risque d’être trop longtemps contre la tendance et par conséquent, de perdre beaucoup… On notera par exemple les multiples fonds lancés dans les années 2000 sur le principe des taux réels et qui se positionnaient systématiquement contre la tendance de baisse des taux, arguant que ces derniers étaient trop bas et qu’ils ne pouvaient que remonter… S’ils commencent seulement aujourd’hui à avoir raison, bon nombre d’entre eux ont fermés ou ont épuisé leurs clients ou leurs propres gérants…
Bref, pour revenir sur l’année 2018 et l’observation de cette semaine sur les marchés, nous signalerons que les changements de tendance, qu’ils soient financiers ou mécaniques fonctionnent toujours sur le même principe : une forte volatilité et des mouvements d’amplitude significative mais sans teneur forte ni direction. Les touristes ayant eu la chance de visiter Saint Malo lors des grandes marées peuvent en avoir un exemple physique, les vagues les plus impressionnantes étant en fin de marée montante alors que celle-ci se termine et ne monte presque plus avant de redescendre… Pour les investisseurs, le phénomène de changement de tendance est moins drôle et on observe simplement une grande volatilité pour des performances erratiques, avant qu’une nouvelle tendance se dessine…
Voici donc les tendances qui se terminent : la hausse des actions, en particulier aux USA, la baisse des taux en Europe, le resserrement des spreads corporates, c’est-à-dire autant de phénomènes propices à l’enrichissement des épargnants ! Autant dire qu’on comprend que les marchés financiers souhaitent ne pas y croire et préfèrent adopter la méthode Coué pour porter quelques mois de plus ces tendances porteuses,  ce qui provoque des positionnements dangereux dans les portefeuilles, comme nous l’expliquions dans notre hebdo du 22 Janvier, et amplifie encore le phénomène de bascule et de volatilité… Si les marchés ont un impact sur le court terme, il leur est toujours difficile de battre l’économie et les banques centrales à moyen long terme…
Alors que les nouvelles tendances seront plutôt défavorables à l’épargne, on pourra malgré tout, pour les investisseurs plus habiles en tirer parti : positionnement short sur les courbes de taux, couverture crédit, mise à profit de certaines décotes excessives dans les mouvements de volatilité, achats de puts sur les indices actions par exemple. Mais elles ne sont pas encore vraiment engagées et les mouvements qu’on a pu voir cette semaine ne sont que des alertes du changement, une « goutte d’eau » comme a averti ce jeudi, non sans une dose de provocation volontaire, le patron de la FED de New York, Monsieur Dudley.
Pas encore engagées pour deux raisons qui s’opposent :
  • D’une part les replis boursiers et les pertes sur les marchés obligataires traditionnels sont encore minimes au regard des gains accumulés depuis dix ans
  • D’autre part parce que des secousses trop fortes qui s’accentueraient et auraient quelque implication sur les perspectives économiques ou le système financier pousseraient probablement les banques centrales, encore à la manœuvre, à agir pour calmer le jeu, cassant immédiatement les possibilités des nouvelles tendances.
Dans un tel contexte d’incertitude assortie de mouvements de volatilité importants, il conviendra d’adopter un positionnement solide, basé sur des convictions long terme et des portefeuilles garnis de coussins de liquidités, sans tenter de suivre les mouvements erratiques de marché au risque d’être trop souvent à contrecourant.
Parmi les convictions de long terme sur le marché obligataire la hausse des taux en est une à garder à l’esprit : après dix ans de quantitative easing aux USA et bientôt 4 ans en Europe, soit elle se produira par la réussite de leur politique et la reprise de la croissance et de l’inflation, soit elle se produira par leur échec et la hausse des spreads souverains, englués dans des déficits budgétaires et un marasme économique trop important pour continuer d’attirer les investisseurs. Elle se produira donc quoiqu’il arrive…
Si les USA semblent avoir pris une orientation sérieuse vers la première option, l’Eurozone semble encore au milieu du gué, surtout si l’on distingue les différents pays de la Zone : l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal pour l’option 1, la France, les Pays Bas, la Belgique incertains et l’Italie plutôt pour l’option 2 pour le moment… 
Concernant la hausse des spreads, on observera qu’elle a déjà bien commencé aux USA et sur certains secteurs en proie à un endettement important et des perspectives moins porteuses :
  • La santé par exemple, avec les baisses de prix des médicaments ou la hausse des contraintes réglementaires,
  • La grande distribution avec ses besoins en investissements et en renouvellement massifs pour faire face aux gafa,
  • L’immobilier, les utilities ou encore les technos dont les besoins de financement sont importants et qui sont donc ultra sensibles à la hausse des taux. Cette sensibilité dégrade leurs marges et écarte ensuite leurs spreads de crédit ce qui peut amplifier l’effet négatif des hausses de taux pour ces secteurs… Attention donc à certains émetteurs « à la mode » comme Tesla ou Netflix qui brûlent des centaines de millions par an depuis leur création grâce à leurs créanciers bienveillants et n’ont pas prévu de revenir à des situations positives dans les deux ou trois années à venir…
Nous noterons enfin cette semaine, l’épisode cocasse du Vix qui s’est envolé, non parce que les actifs sous-jacents (en l’occurrence les actions) étaient beaucoup plus volatiles qu’à d’autres occasions, mais simplement parce que les produits structurés indexés sur cet indice étaient trop volumineux et ont causé des débouclements trop massifs, poussant même à la fermeture forcée de certains trackers en une semaine…
Pour rappel, le Vix est un des rares indices sans actif, c’est-à-dire qu’il mesure simplement des variations et la propension des marchés à être volatils dans l’avenir. Ainsi, plutôt que de créer des produits financiers à partir de produits de l’économie, on a dérivé la création sur un sous-jacent virtuel, générant ainsi une sorte de bitcoin de l’anxiété des marchés. En l’occurrence, il s’agissait plutôt d’un bitcoin de sérénité, la plupart des produits étant indexés sur l’inverse du VIX, parce qu’encore une fois, là était la tendance… Nous citerons ici le patron de Barclays à Davos qui osait dire, sans aucun scrupule : "Nous avons construit et structuré des produits partout dans le monde qui tentent d'améliorer les profits en pariant sur la (faible) volatilité. C'est une pratique habile (mais) lorsque le marché se retournera, attachez vos ceintures"… Et Brett Manning, analyste chez Briefing d’ajouter : "Des fonds spéculatifs, des courtiers, monsieur et madame Dupont... Tout le monde détenait cet investissement car sa structure garantissait de le rendre gagnant à presque tous les coups"…
Si on reprend le fil : les banques créent trop de levier et des produits toxiques dans les années 2000 (les subprimes notamment) qu’ils vendent au monde entier au risque de faire exploser le système, les banques centrales prennent la main pour éviter le chaos et rasséréner le marché et l’économie, mettent plus de dix ans à y parvenir, créant un système sans volatilité pour rassurer et permettre aux investisseurs d’investir dans l’économie réelle et aux banques de la financer… mais ces dernières préfèrent en profiter pour créer des produits explosifs ultra leveragés comme les ETF synthétiques ou des trackers absurdes basés sur cet indice artificiel d’anti-volatilité et les vendent, en masse encore une fois, au monde entier, comme le dit lui-même le patron de Barclays… Le tout sans jamais être inquiétés par une quelconque autorité ou régulateur digne de ce nom, ceux-ci étant sans doute trop occupés par la mise en place de MIF 2, réglementation de 7000 pages entamée il y a maintenant dix ans en réponse à… la crise de 2008… La finance comme l’histoire est un éternel recommencement…


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