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Mario Draghi entre moulins à vent et crises politiques à répétition…

L’évènement de la semaine était une fois encore la réunion de la BCE. Evènement car il s’agit du principal catalyseur des marchés financiers – cette fois encore Mario Draghi a offert à la bourse sa plus forte hausse depuis juillet -, non évènement car, comme nous le répétons, au risque de paraître redondant, depuis des mois, la BCE ne changera guère sa politique et n’annoncera que des prolongements de sa politique accommodante pendant encore plusieurs années…
Trois raisons justifient selon nous ce scenario long terme, et mettent de côté les analyses instantanées de nuances de discours et de revirements ponctuels si légers qu’insignifiants  de la politique de la BCE :
- Premièrement parce que les exemples passés montrent bien qu’une décennie suffit à peine à une politique d’assouplissement pour redynamiser suffisamment l’économie. Les USA en sont le parfait exemple, qu’il s’agisse de la politique mise en place pendant les années 30 qui a mis dix ans au moins à porter ses fruits et a fini par être largement aidée par l’économie de guerre, ou de la politique actuelle de la FED, entamée en 2008 et qui est toujours largement accommodante. Quant au Japon, cela fait peu ou prou deux décennies qu’ils assouplissent leur politique monétaire sans parvenir à relancer durablement leur économie ni à provoquer la moindre étincelle significative d’inflation.
- L’inflation, voici le deuxième point que la BCE souhaiterait manipuler à sa guise. Si l’objectif final est moins de provoquer de l’inflation que d’éviter la déflation et donc de sortir de la zone d’inconfort autour du zéro, nous considérons que la BCE, comme la FED se bat probablement contre des moulins à vent… En dehors de toutes les formules économiques complexes de l’inflation, qui pousseraient à croire qu’on peut la piloter, repenser aux facteurs de base de l’inflation pousse rapidement à conclure que, si l’inflation peut connaître des regains de tension temporaires dus au change, à la volatilité de l’énergie ou de telle ou telle matière première, elle est vouée à ne pas exister pendant encore longtemps, du moins en Europe. On a en effet l’impression que la BCE ne se base que sur la définition « Friedmanienne » de l’inflation, fondée  quasi-uniquement sur la masse monétaire. En résumé, si la monnaie est en excès sa valeur baisse. Difficile a priori de contredire cette règle élémentaire mais le problème vient du fait que la monnaie commence aujourd’hui à se décorréler de l’économie réelle dans le sillage de la finance qui se décorrèle de l’économie depuis un certain temps. Ainsi, d’un côté la monnaie financière ne vaut plus grand-chose,  et son rendement devient même négatif puisque les dépôts sont ponctionnés et que certains corporates peuvent même  emprunter à taux négatif, d’un autre côté les biens matériels ou de consommation courante coûtent en moyenne de moins en moins cher avec la même monnaie… Ainsi on peut se poser les questions suivantes : y a-t-il encore un lien entre l’inflation monétaire et l’inflation du panier traditionnel de l’inflation basé sur la consommation ? Peut-on encore créer de l’inflation réelle sur les biens de consommation dans une zone donnée alors que l’économie est mondialisée, que les flux de marchandises sont totalement libres ( les sites web comme AliExpress, qui livrent directement du producteur chinois au consommateur européen, en sont une illustration flagrante) que la production est délocalisable indéfiniment tant qu’il y aura des pays au coût de main d’œuvre inférieur à d'autres  (aujourd’hui la Chine, demain d’autres pays d’Asie, après demain l’Afrique…), qu’il n’y a pas de pénurie, que le chômage de ladite zone ne baisse pas, que le stock de monnaie supplémentaire est stocké dans les banques, les fonds monétaires, les obligations souveraines (notamment par les placements des épargnants) ou converti en bulles diverses et totalement déconnectées de l’économie réelle comme les œuvres d’art contemporain, les véhicules de collection ou l’immobilier de luxe ? La montée en puissance des crypto-monnaies peut d’ailleurs être un phénomène qui en découle , traduisant la baisse de valeur des monnaies traditionnelles au profit de nouvelles monnaies virtuelles plutôt qu’au profit de hausse de valeur des biens qu’elles sont censés permettre d’acheter.
Les sociétés de renouvellement et mondialisées sont par nature déflationnistes quels que soient les subterfuges financiers et monétaires qu’on invente. Les seuls moyens de créer de l’inflation seraient donc soit une révolution industrielle soit une politique de protectionnisme massif, les deux solutions étant peu probables en Europe à moyen terme…
- La dernière raison pour laquelle la politique de Mario Draghi durera très longtemps est que celui-ci n’est malheureusement pas du tout aidé par ses pairs gouvernants européens… Les réformes sont lentes ou inexistantes, la cacophonie réglementaire juridique et politique prime encore largement sur la fameuse harmonisation dont ils se gargarisent pourtant, les crises et les tensions se succèdent et pénalisent chaque ébauche de reprise et chaque effort d’une population globalement docile et de bonne volonté… Cette semaine, nous assistions d’ailleurs à une nouvelle crise politique, pour le moment embryonnaire en Catalogne, mais qui pourrait ne pas se terminer aussi simplement que semblent vouloir l’affirmer les politiques européens. Heureusement pour l’Espagne et les séparatistes catalans, Mario Draghi est là pour écraser de tout son poids les moindres regains de volatilité, et ils peuvent se disputer tranquillement sans voir leur taux d’emprunt  bondir… Les investisseurs restent serein, les politiques européens sont pour l’instant incrédules et légitimistes. Malheureusement, ce mouvement catalan, qu’il aboutisse ou non et qu’on le considère légitime ou non, est l'illustration la plus flagrante d’une Europe en crise, qui devra se réinventer pour que la crise des souverains de 2012 ne soit pas la mise en bouche d’une crise majeure entre surendettement des états et balkanisation de la zone. 
Matthieu Bailly, Octo Asset Management
 
 


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