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Hebdo Crédit du 29 juin 2015

Résumer les cinq premiers jours d’optimisme de la semaine passée aurait malheureusement peu d’intérêt tant ils ont été anéantis par la surprise de vendredi soir et l’annonce du référendum grec. Mais évitons dans cet édito de tomber dans le sensationnalisme des journalistes, dans la grandiloquence des politiques et dans l’immédiateté des banques d’investissement pour qui volatilité est synonyme de profits.  

Notons simplement quelques points qui nous permettrons de relativiser le phénomène et d’attendre plus ou moins sereinement l’issue de la crise grecque…

Premièrement, le timing n’est certes pas idéal du point de vue de la stabilité des marchés et des relations mais un coup de bluff se doit de surprendre l’interlocuteur et ce n’est clairement pas en annonçant un référendum il y a six mois que Monsieur Tsipras aurait pu en faire un atout décisif ; on aurait simplement mis l’issue du vote dans la balance des négociations à peine entamées et fait avec ou sans. L’objectif de Monsieur Tsipras n’est en effet probablement pas de sonder la véritable opinion du peuple grec mais seulement de faire pression, à deux jours de l’échéance.

Deux jours de l’échéance ? C’est le deuxième point que nous souhaitons noter. Rappelons ici qu’il y a seulement quelques jours, les deux agences de notation, qui malgré leurs déboires de 2008 semblent encore être les arbitres suprêmes, ont clairement annoncé qu’un non remboursement du FMI, de la Banque Mondiale ou de la BCE ne constituerait pas un défaut… Le 30 juin n’est donc plus une échéance à proprement parlé et Monsieur Tsipras l’a bien compris. Nous regretterons juste, d’un point de vue éthique, qu’un pays de la Zone Euro, parmi les premières puissances économiques mondiales, se permettent d’utiliser le FMI comme moyen de pression…

Troisième point, nous noterons que malgré leur agitation toute relative de ces derniers jours et malgré aussi l’apparition inopinée du référendum, les dirigeants aient déjà plus ou moins prévu que les négociations traînent encore en longueur une partie de l’été, malgré l’échéance manquée du FMI qui cyniquement fera économiser quelques milliards à l’Europe… On peut imaginer en revanche leur déception que Monsieur Tsipras ait bluffé avant eux…

Dernier point, important d’un point de vue économique celui-ci, le blocage de l’économie grecque tant que la situation ne sera pas résolue : blocage des banques avec des retraits maximum de 60 euros par jour, et donc blocage de la consommation, des entreprises, phénomène qui pourrait être salvateur avec un gouvernement performant (cf Irlande ou Islande il y a quelques années) mais qui pourrait au contraire se révéler dévastateur avec un gouvernement amateur… Nous vous laisserons juger celui de Monsieur Tsipras…

En conclusion, cette annonce ne change pour le moment rien aux négociations en cours qui continueront tant l’enjeu est important, et nous ne parlons pas ici de l’enjeu purement financier, mais de l’enjeu politique et historique pour la Zone Euro et l’Union Européenne. Il faudra juste être patient, accepter la volatilité quel que soit le support qu’on ait choisi et préférer attendre quelques semaines de plus pour réinvestir plutôt que de s’emballer aux prémices d’un accord.

D’autant que dès la rentrée, sur les marchés obligataires, la remontée des taux américains ainsi qu’un marché primaire abondant (puisque quasi stoppé depuis maintenant quelques semaines) pourraient, encore, provoquer quelques décotes significatives sur le marché secondaire. Si le QE de Monsieur Draghi était une avancée fondamentale de la politique monétaire européenne, il est peut être arrivé un peu tard et sa conjonction avec de nouvelles crises et de nouveaux cycles mondiaux le rend probablement encore plus dangereux s’il ne fonctionne pas…

Du côté des corporates, nous noterons les discussions de Hertz avec Loxam pour racheter ce dernier ; s’il est encore trop tôt pour juger de la pertinence et de la construction d’une telle alliance, nous noterons tout de même qu’un partenariat industriel avec un acteur de premier plan serait probablement une issue plus favorable pour les obligataires qu’une cession à un fonds d’investissement, risque principal qui pesait sur le loueur français du fait de son historique (plusieurs allers-retours LBO) et de l’âge de son fondateur.

 


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