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Hebdo Crédit du 26 janvier 2015

La semaine que les marchés financiers européens attendaient depuis longtemps… Certains diront ‘depuis au moins un an, une fois la solution LTRO épuisée et la déflation menaçant de plus en plus’…  D’autres, plus exigeants, diront que la tentative faite cette semaine a exactement 5 ans de retard ! Que face à la réponse américaine du QE dès 2009, nous devions nous aussi agir de la même manière …  Et qu’il est peut être même trop tard pour enrayer la déflation et l’absence de croissance entraînant l’Europe dans un scénario japonais.
 

Nous verrons cela d’ici une douzaine de mois, sachant que les effets du QE pourront être de trois types, hors l’effet « marché » dont les portefeuilles ont déjà sensiblement profité la semaine dernière : CAC +5.2%, Iboxx souverain +0.81% , Iboxx HY +0.6%, Euro -3.5%
 

1- l’effet primaire attendu : baisse de l’Euro, gonflement du prix des actifs, enrichissement des foyers, amélioration des conditions de crédit, aboutissant à une relance de la consommation, un gain de compétitivité internationale, des investissements puis de la croissance.
 

2- l’effet psychologique : nous sommes enfin sortis de l’ère d’une BCE non adaptée à la concurrence mondiale et à une Europe qui tend à se fédéraliser de plus en plus, BCE symbolisée dernièrement par Monsieur Trichet ; nos dirigeants et argentiers sont enfin prêts à entrer dans l’arène pour combattre sur des fronts sur lesquels nous étions clairement timorés depuis des années face aux Américains, aux Chinois, mais aussi aux Japonais ou à bon nombre de pays émergents : l’ensemble de la population, bien que ne comprenant pas forcément toujours les tenants et aboutissants d’un QE, somme toute très complexe et très indirect pour l’économie de tous les jours, peut malgré tout enfin se dire que l’Europe ne sera plus le dindon de la farce économique, monétaire et financière mondiale, ce dont beaucoup avaient l’impression depuis une quinzaine d’années : délocalisations, guerre des changes clairement en notre défaveur, perte de compétitivité, dépendance aux aléas énergétiques, pétrole en tête, hégémonie américaine, montée en puissance des émergents, réponse fiscale unique à tous les problèmes… l’Europe entre dans la course, à armes -presque- égales ! Presque, car il faudra encore quelque temps pour que ce fameux effet psychologique pénètre l’ensemble des agents de croissance et de compétitivité…
 

3- l’effet « taux zéro » pour les états : une dernière aubaine pour nos états surendettés ! alors que le coût de la dette avait déjà drastiquement baissé depuis 2012 pour l’ensemble des états européens, leur offrant, sinon une bouffée d’air frais, du moins une perfusion,  la BCE leur offre un dernier « shot » d’oxygène pur avec des taux qui devraient s’approcher de zéro pendant au moins 18 mois et des possibilités d’emprunts gratuits illimitées ! Conjugué aux deux effets précédents, on peut espérer que nos chers -à tous les sens du terme- dirigeants sauront en tirer profit pour accélérer les réformes qu’ils savent nécessaires : l’Espagne a montré un très bel exemple de retournement  positif dans un timing record, c’est donc réalisable aussi en Italie ou en France…
 

Autre événement de la semaine, l’élection grecque, qui, comme anticipé, a vu le parti de gauche Syriza l’emporter. Si beaucoup dépeignaient Monsieur Tsipras comme un radical prêt à tout, l’interview du Financial Times cette semaine a montré un personnage beaucoup  plus mesuré, déterminé à négocier mais tout à fait conscient des impératifs et compromis à mettre en place. On est bien loin de certains radicaux desquels on aurait bien du mal à cerner l’aptitude à gouverner… Nous pensons donc que la Grèce continuera ses efforts et ses réformes, renégociera sa dette auprès des instances européennes pour obtenir un taux « zéro » et quelques rééchelonnements, mais sans aucune rupture irréparable. Il est normal qu’après 5 ans d’efforts incommensurables et un retour à l’équilibre primaire, la Grèce se sente prête à reprendre son destin et sa fierté en main et revienne à Bruxelles en « conquérante » et plus en « paria ».

 


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