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Hebdo Crédit du 10 juin 2014

« L’artillerie lourde « , « le max », « le bazooka », « Draghi Day », « SuperMario », aucun mot n’est trop fort pour nos chers journalistes économiques pour définir la décision de la BCE, attendue depuis plusieurs semaines.

Encore une fois, après avoir sauvé la Zone Euro à deux reprises, en 2011 et 2012, Mario Draghi a entamé une nouvelle étape historique pour la BCE avec un taux de dépôt négatif, ayant pour objectif de forcer les banques à injecter leurs liquidités dans l’économie. Si le président de la banque centrale a répondu présent au rendez-vous que lui avaient donné les marchés financiers (mais est-ce vraiment son rôle ?) puisqu’une décision forte était attendue, peu de surprise finalement : taux de dépôt négatif, second LTRO, et possibilité de rachat d’ABS par la BCE (pour les PME) si les deux précédents ne suffisaient pas.

Et là est bien la question centrale : ces mesures suffiront-elles vraiment à relancer une économie européenne qui s’enfonce progressivement dans la déflation ?

Plusieurs éléments de réflexion viennent tempérer cette action de la BCE :

1/ Le Japon a des taux nuls ou négatifs depuis le début des années 2000 sans pour autant que cela empêche la déflation. La très récente embellie vient plus de la fabrication de monnaie massive qui a déprécié le Yen.

2/ Si les taux sont sensés monter grâce à la baisse des taux courts, ce ne sera au mieux que dans une deuxième étape, une fois que les investisseurs auront préféré durablement les actifs risqués aux actifs non risqués. Pour le moment, l’essentiel des liquidités risque de se diriger dans un premier temps vers un actif d’attente, à savoir les obligations, les taux ne devraient donc pas remonter de sitôt…

3/ Si l’exemple américain semble être celui suivi par Draghi pour éviter la déflation, le timing n’est pas le même : la FED a baissé son taux à 0% et relancé une création monétaire massive dès 2008 pour financer l’Etat et acquérir des dettes privées. Après 6 ans de tendance déflationniste bien installée en Europe, le changement de cap sera forcément plus long et difficile à prendre.

4/ 0.10% de taux changeront-ils vraiment la donne pour les banques et les emprunteurs ? quand on entend les perspectives de la majorité des entreprises privées et PME, n’a-t-on plutôt pas l’impression que leurs perspectives de développement sont si peu enthousiasmantes qu’elles n’ont pas vraiment besoin d’emprunter ? en d’autres termes, que le problème ne viendrait pas (une fois n’est pas coutume) des banques mais des emprunteurs et de la consommation ?

5/ parallèlement à cette baisse de taux et à cet afflux à venir de liquidités, les nouvelles réglementations bancaires et assurantielles (Bâle et Solvency) poussent à fond pour l’investissement en dette publique, tandis que les actifs plus risqués restent fortement pénalisés ; restant les investisseurs les plus importants en terme de volume, on peut imaginer que les premiers à bénéficier de financement bon marché seront les gouvernements et non les entreprises.

Donc si la décision de Mario Draghi semble aller dans le bon sens pour sortir l’Europe de l’ornière, il faudra encore beaucoup de temps et de nouveaux outils (création monétaire et donc affaiblissement de l’Euro, réglementation, politiques économiques, désendettement des gouvernements…) pour parvenir au succès… En attendant, à court terme, la baisse des taux fera surtout essentiellement … baisser les taux… et espérer les marchés…

 


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