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Hebdo 30 Mai 2016

Alors que les actualités se concentrent sur les tensions et divergences croissantes au sein des populations, les financiers eux ne s’embarrassent pas des grèves de transports, blocages de raffineries, altercations vestimentaires ou mêmes des autres sujets plus ou moins importants, chacun jugera, en terme politique, économique et social… la dé corrélation de la finance et du réel bat son plein grâce à Monsieur Draghi et ses homologues… La confiance de la BCE dans son action, les chiffres américains assortis des hausses de taux à venir de Madame Yellen (oublierait-on parfois que les USA sont avant tout des concurrents économiques ?! eux ne l’oublient jamais…), la relative stabilité chinoise, la remontée du pétrole (alors qu’on en a pas une goutte…) semblent alimenter l’optimisme des marchés financiers et on a vu les actions grimper de plus de 4% cette semaine…

Dans le sillage, le crédit risqué s’est lui aussi apprécié, avec des performances sur l’Iboxx € HY de +0.5% et de +0.3% sur l’Iboxx € corporate.

Plus étonnant, les actifs dits ‘sans risque’ ont également progressé (+0.44% pour l’Iboxx € Souverain) et on peut ainsi imaginer que seule la trésorerie a diminué cette semaine… Il faut dire qu’elle est abondante dans le circuit financier et dans les allocations depuis quelques semaines, beaucoup de portefeuilles institutionnels ou de fonds d’allocation étant au maximum de leurs possibilités sur cet actif scriptural qui ne tient que par la confiance qu’on a dans son émetteur, la providentielle BCE…

Et pourtant… que détient la BCE pour honorer ses dettes ? Des dettes de pays pour la plupart surendettés !! Et bientôt de quelques corporates dont les perspectives économiques sont somme toute moroses…

Nous ne vous apprendrons en effet pas que l’étalon or n’existe plus et que la BCE, comme la plupart de ses homologues peut ainsi émettre de la monnaie sans aucune contrepartie qui ait une valeur mesurable et légitime pour tout le monde.

Les obligations ont un prix mesurable et vérifiable par tout un chacun me direz-vous… Nous n’en sommes pas convaincus, loin de là :

1-       si la BCE doit valoriser son actif obligataire dans des périodes d’illiquidité comparable à celles de janvier-février, il est probable qu’il y ait quelques décalages…

2-      Les obligations sont encore une fois un actif scriptural, une simple promesse de remboursement, dont la valeur repose encore une fois sur la confiance qu’on a dans leurs émetteurs…

La BCE émet donc une promesse de valeur (sa monnaie scripturale) qu’elle base sur des promesses de paiement dont les prix réels, et nous nous rapporterons ici aux régulateurs des marchés financiers, deviennent de plus en plus difficiles à déterminer en raison de périodes d’illiquidité et de stress de plus en plus longues et violentes…

Un double levier sur la confiance dans l’Europe donc, alors même que son économie montre les taux de croissance long terme parmi les plus faibles et les blocages politiques et sociaux parmi les plus forts…

Il y a quelques années, le principe du double levier a existé dans certains produits qu’on appelait les « CDO carré »… On a vu le résultat sur le système bancaire mondial.

Les banques centrales ont un élastique beaucoup plus long à tirer que les banques commerciales privées mais elles restent des banques dont la viabilité est basée sur la confiance, le crédit au sens obligataire du terme. Pour donner un ordre d’idée, la BCE a actuellement un bilan d’environ 3000 milliards d’euros, soit près de 10 000 euros par citoyen européen, pour un montant de capital « et réserves de moins de 100 milliards d’euros, soit un levier d’environ 30 fois. Le reste des 3000 milliards s’équilibre entre la monnaie créée et les actifs détenus par la BCE à savoir les dettes de ses Etats actionnaires...  sous réserve que la valeur de ces créances reste stable ou soit remboursée à la fin…

A moins que les banques centrales profitent d’un autre avantage qu’elles partagent avec leurs donneurs d’ordre, les Etats, à savoir modifier les règles et les termes de leurs promesses en cours de route… En modifiant par exemple la valeur de la monnaie, ou bien encore en interdisant de l’utiliser ou de la sortir du pays… A moins que ce ne soient les Etats qui modifient la règle en décrétant un haircut sur leurs obligations sans que cela ne représente un défaut de paiement… La prochaine crise pourrait être une crise des banques centrales et des souverains qui leur sont liés, soit à la Russe, soit à la grecque.

Nous conseillons de conserver un œil sur le levier des banques centrales et de considérer les actifs qu’elles détiennent ou devraient détenir. Lorsque les promesses qu’elles détiennent ne vaudront plus rien ou du moins pas ce qui était prévu, la monnaie ultime reviendra soudainement dans le jeu monétaire, et  nous parlons ici de l’or. Si les politiques et banquiers centraux se sont affranchis de l’or parallèlement à leur besoin pressant de nouvelle monnaie, ce n’est pas parce qu’ils avaient inventé une méthode plus efficiente pour le marché, c’est juste parce que l’or lui, comme tout actif tangible, ne ment pas… On a donc dû l’écarter du jeu au profit d’actifs intangibles à qui on peut faire dire ce qu’on veut : les obligations souveraines par exemple. Et ce ne sont pas les taux négatifs, économiquement absurdes mais issus de la manipulation de la Banque Centrale, qui viendront nous contredire…

 

Matthieu Bailly, Octo

 


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