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Calme sur les marchés financiers mais grandes manœuvres dans la gestion d’actifs
Un calme quasi olympien règne encore sur les marchés financiers, insensibles aux provocations de la Corée du Nord qui pourtant deviennent de plus en plus violentes. Citons ainsi le dernier communiqué de presse du Comité coréen pour la paix en Asie-Pacifique : « Les quatre îles de l’archipel (japonais) doivent être coulées à l’aide d’une bombe nucléaire […] L’existence du Japon n’est plus nécessaire à nos côtés. […] Réduisons le territoire américain en cendres et plongeons-le dans les ténèbres.» Déclarations plutôt agressives pour un comité pour la paix qui laissent imaginer ce que dirait le ministère de la défense !
Pourtant, les marchés continuent imperturbablement leur ascension, le Dow Jones battant  des records, les spreads de crédit se resserrant  encore sur les catégories obligataires risquées, le marché primaire des obligations n’offrant quasi aucune prime et révisant le taux d’émission à la baisse dès que la demande dépasse la taille d’émission proposée. Dans cette logique d’appétence pour le risque, les obligations d’Etat sous-performent, les investisseurs leur préférant les actifs risqués et rémunérateurs.
Peut-être la Corée du Nord, par son nanisme économique et surtout son absence totale des marchés de change, indices, trackers, produits dérivés et autres titrisations est-elle totalement en dehors du spectre des opérateurs ? Peut-être sort - elle, comme tout risque extrême,  de l’analyse classique des risques financiers ? Peut-être le risque nucléaire qu’elle suscite est-il trop absolu pour que les marchés le prennent en compte, se disant que, s’il se manifestait, le monde serait probablement réduit au quasi néant et que donc, quelle que soit la prise de risque ou quelle que soit la prudence dont on fasse preuve, rien ne servira plus à rien et les enjeux seront tels que quelques moins-values dans un portefeuille, si majeures soient-elles, ne seront plus une priorité… Alors autant donc parier sur une issue favorable et engranger quelques plus-values en attendant !
Le calme est donc de mise dans les établissements financiers, du côté des salles de marchés en tous cas. Car dans les services juridiques, compliance, commerciaux, voire gestion privée, on s’affaire comme on peut sur MIFID 2 et sa mise en place au 1er janvier 2018. Il s’agit d’une telle révolution du modèle sur de multiples facettes du métier et les multiples relations professionnelles entre les acteurs que chaque article ou chaque sondage publié affirme clairement  qu’une grande partie des acteurs ne sera  pas opérationnelle à la date d’entrée en vigueur de cette nouvelle règlementation.
Et pour certains, la directive PRIIPS vient encore ajouter de nouvelles contraintes supplémentaires, tant sur la complexité des rapports que sur la transparence vouée à faire baisser les marges.
Devant cette montagne réglementaire,  certains géants semblent voir dans un nouvel accroissement de leur taille une solution efficace, et la nouvelle la plus importante pour les gérants d’actifs cette semaine ne concernait pas les marchés financiers mais l’industrie elle-même. Selon Bloomberg, l’assureur Axa serait en effet en pleine étude de différentes options stratégiques pour sa gestion d’actifs européenne parmi lesquelles une fusion ou une co-entreprise seraient privilégiées. Peu d’acteurs peuvent aujourd’hui prétendre acquérir un tel mastodonte, AXA IM gérant aujourd’hui 700 milliards d’euros, et Natixis, avec ses quelque 800 milliards d’euros, fait, d’après l’agence de presse,  figure de favori. Le contexte actuel est en effet destructeur pour les marges des gérants d’actifs, entre les taux bas, la croissance de la gestion passive, la transparence, l’augmentation des coûts (compliance, contrôle, recherche à partir de 2018) et les sociétés de gestion comptent sur les économies d’échelle pour doper leur rentabilité parfois faible. Par cette cession, Axa se séparerait ainsi d’une activité peu rentable vouée à devenir marginale dans son business model d’assureur à moyen terme. A l’inverse, Natixis, qui multiplie les acquisitions plus ou moins complémentaires depuis quelques années au sein de sa plateforme NGAM, verrait dans cette opération le moyen de devenir rapidement un des leaders mondiaux du secteur par la taille, à l’instar de sa rivale Amundi. Pour la rentabilité et le potentiel de croissance, c’est une autre affaire… Pour illustrer notre propos, nous comparerons le prix d’acquisition passée de DNCA par Natixis il y a quelques années et celui de Pioneer par Amundi (qui pourrait être proche de celui d’Axa en terme de multiples et de profil). Ainsi Natixis avait elle payé 550 millions pour acquérir DNCA qui gérait alors une quinzaine de milliards (soit 3.6% des encours gérés) alors qu’Amundi payait Pioneer 3.5 milliards pour un actif sous gestion de 225 milliards d’euros (soit 1.5% des encours gérés). Enfin, les risques d’exécution puis opérationnels d’une fusion géante telle que celle-ci sont bien supérieurs pour l’ensemble à une intégration progressive de boutiques de quelques milliards d’euros.
Le nombre de ces opérations devrait probablement s’accentuer dans les années à venir, la consolidation du secteur étant une des réponses à la pression réglementaire et à l’érosion des marges, les acteurs ‘opportunistes’ tels que les assureurs cédant leurs participations, les petits apportant dynamisme et/ou complément de rentabilité aux plus gros et les géants s’alliant entre eux pour le meilleur ou pour le pire… Car il est possible aussi, dans un secteur où les ruptures technologiques sont fortes, où la concurrence est accrue et où les marges s’affaiblissent de voir des fusions qui nous rappelleront les exemples d’autres secteurs, comme celle d’Alcatel et de Lucent en son temps…
Matthieu Bailly, Octo AM
 


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