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Accorder, par dépit, du crédit aux banquiers centraux est-il justifié ?

Alors que les semaines s’écoulent sans information économique suffisamment significative pour éclipser les échéances politiques majeures tant en Europe (Espagne, UK, Italie) qu’aux USA, les investisseurs continuent de se focaliser sur les discours des banques centrales, espérant qu’elles pourront, pour encore quelques mois supplémentaires, permettre aux portefeuilles de progresser…

Le problème est que les banques centrales semblent peu à peu aussi perplexes que les investisseurs, se rendant compte progressivement que peut-être leurs alchimies ne fonctionneraient pas aussi bien que ce que leurs grimoires leur laissaient entendre !

Ainsi que ce soit dans le Beige Book de la FED ou dans le discours de Monsieur Draghi, on peut clairement noter la difficulté des banquiers centraux à définir un plan clair, ne serait-ce qu’à un horizon de quelques mois, tant leurs outils semblent empiriques…

Monsieur Draghi, encore en plein démarrage de son opération de quantitative easing, veut faire jouer à plein le phénomène de la confiance et de l’autoréalisation, martelant à chaque discours sa puissance et sa capacité à accentuer et prolonger son action… sans pour autant donner de lignes directrices claires ou de preuves tangibles que l’action en cours mérite, par ses prémices de résultats, d’être accentuée ou prolongée.

Pour Madame Yellen, l’exercice est sensiblement différent puisqu’elle doit conclure son action, ne pouvant, après quasiment une décennie de quantitative easing, jouer sur l’effet psychologique du démarrage ou l’espoir d’un renforcement de son action, déjà en bout de course.

Ainsi, malgré des indicateurs économiques tels que l’emploi ou la croissance plutôt corrects, le Graal semble encore échapper à la colombe américaine puisque ni les prix ni les salaires n’ont progressé durant les premiers trimestres de 2016. Ce qui pourrait sembler logique dans une économie largement développée, où les foyers sont pour la plupart bien équipés de biens dont les entreprises n’hésitent pas, à délocaliser la production régulièrement dans des pays toujours moins chers. En regardant une carte du monde et des niveaux de vie, on comprend aisément qu’il reste encore de la marge avant de pouvoir créer de l’inflation par les salaires dans nos pays occidentaux…

Pourtant, cette inflation modérée reste l’objectif principal des banques centrales, prêtes à toutes les expériences pour la relancer.

Cet empirisme, s’il est accepté des banquiers centraux, serait violemment sanctionné de la part du management d’une entreprise. On imagine mal le dirigeant d’une multinationale comme d’une PME, s’enferrer pendant des années sur une stratégie expérimentale, poussant à un levier financier extravagant et n’ayant jamais prouvé qu’il pouvait apporter le résultat escompté. Une tentative serait d’abord tolérée, puis l’action sévèrement sanctionnée au bout de quelques exercices et le dirigeant probablement remplacé.

Pourtant, sans doute parce qu’ils estiment que ces hommes et femmes sont dotés d’esprits supérieurs, les opérateurs acceptent, lorsqu’il s’agit d’un banquier central, d’accorder une confiance aveugle et quasiment infinie…

On a ainsi vu depuis quelques mois les taux souverains se réduire à des niveaux insignifiants, les actions grimper suffisamment pour anticiper une croissance d’activité somme toute correcte, notamment en Europe, les taux d’emprunts des corporates passer sous la barre du zéro, comme si il était plus sûr de confier son argent à quelqu’un plutôt que de le conserver par devers soi…

La confiance aveugle, toujours…

Pourtant… on a tous expérimenté, ou vu, que l’abondance de moyens n’est pas la garantie de la réussite, faut-il encore que ces moyens soient correctement employés. Si les entreprises ont des garde-fous nombreux permettant d’éviter les gabegies de moyens, les banques centrales comme les souverains en ont finalement relativement peu et peuvent aisément user de moyens à fonds perdus…

Si pour des souverains comme la France, la question ne semble ne même plus se poser pour le moment, tant les budgets et bilans sont déséquilibrés, n’oublions pas que, pour les banques centrales, la ligne est extrêmement ténue. Leur objectif est en effet de faire repartir l’inflation puis de la contenir en deçà des 2% !

Ainsi pendant une décennie, plusieurs banques centrales comme celle du Japon, de l’Eurozone, des USA, bientôt du Royaume Uni ou de la Chine, injectent des liquidités sans vraiment pouvoir mesurer de résultat concret, les ménages et entreprises ne sachant au départ que faire de cette abondance dans un monde fini où l’innovation n’a pas encore suffisamment apporté de différenciation pour consommer massivement.

Les liquidités sont donc stockées mais restent présentes (en particulier au Japon où la Banque Centrale achète des actions…). Attention donc au jour où ces liquidités dormantes s’activeraient toutes ensemble, devenant explosives et empêchant toute maîtrise de l’inflation. Lorsqu’on admet que l’histoire reproduit sans cesse les mêmes schémas, on se rend compte en effet que l’inflation n’a jamais été un phénomène maîtrisable, ou mieux un indicateur pilotable par qui que ce soit, mais seulement un effet collatéral explosif et dévastateur d’un amas de circonstances économiques, sociales et politiques… Les banques centrales travaillent actuellement d’arrache-pied à créer l’une des principales circonstances, la création de monnaie ex-nihilo.


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