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1,5 million d'euros d'aide publique par salarié…
Nouvel épisode de sauvetage dans le secteur bancaire européen avec les établissements vénitiens Banca Popolare di Vicenza et Veneto Banca qui montre que finalement peu de choses ont changé malgré toutes les réformes institutionnelles et réglementaires imposées par le régulateur européen.
Pour revenir brièvement sur le principe des réformes, l’objectif était que les banques se sauvent par elles-mêmes (bail-in) plutôt que d’être sauvées par une aide extérieure, en général l’Etat.
Mais in fine chaque pays conserve ses spécificités rendant la régulation globale et décidée par quelques bureaucrates sinon inefficace, du moins inefficiente dans la plupart des cas.
En France par exemple, les établissements seraient probablement trop importants et trop systémiques pour qu’une résolution de type « bail-in » se passe correctement et sans impacter l’ensemble de l’économie.
En Italie, nous avons le problème inverse. Le système bancaire est morcelé depuis toujours et n’a jamais réussi à se consolider, d’abord en raison du manque de cadre institutionnel et réglementaire, puis à cause de la crise financière qui a exacerbé les écarts entre établissements performants et en difficulté et entre grands et petits établissements.
De plus, à la différence de l’Espagne ou de l’Irlande, pays dans lequel les banques se sont retrouvées au bord de l’implosion très rapidement dans l’évolution de la crise (entre 2008 et 2012), et avant la finalisation de la directive BRRD (imposant le bail-in), l’Italie n’a pas pu profiter de mesures transitoires comme des obligations garanties par l’Etat pour des montants massifs (comme en Irlande) ou comme un fonds de type «bad bank » soutenu par l’Etat et l’UE comme le Sareb en Espagne (Rappelons que le Sareb a été capitalisé à 45% par l’Etat espagnol et que l’UE a versé en contrepartie une aide de 100 milliards au secteur bancaire espagnol). 
Au final, l’Italie, pénalisée par une crise bancaire trop lente et par des années de faible croissance et des réformes en attente, a seulement pu mettre en place un tout petit fonds d’environ 6 milliards, Atlante, capitalisé uniquement par les principales banques italiennes (Unicredit et San Paolo en tête) qui a tout de suite été mis à contribution pour racheter des banques en état de mort clinique ou des créances douteuses valant probablement proche de zéro…
On citera notamment le rachat par Atlante de Banco Popolare di Vicenza en 2016 pour un montant de 1.8 milliards après une tentative d’augmentation de capital à laquelle personne ne s’est présenté…
Un an après, la banque est à nouveau au cœur de la tourmente, avec sa consœur Veneto Banca, elle aussi reprise pour 1 milliard par le fonds Atlante, les deux établissements menaçant le système d’une faillite retentissante à cause de créances douteuses qui n’en finissent pas de se déprécier et risquent de rendre les banques insolvables pour leurs déposants.
Après les échecs de sauvetage en 2015 et 2016 qui ont entraîné de nombreuses critiques et tensions populaires, le gouvernement italien ne pouvait pas prendre à nouveau le risque d’une faillite désordonnée ou d’un refus de la commission européenne de son plan d’aide. Rappelons ici qu’en décembre 2015, pour le sauvetage de Banca Tercas, la Commission Européenne avait contraint la banque à rembourser l’aide d’Etat considérée comme anticoncurrentielle.
Un dernier problème spécifique au système bancaire italien est que les déposants sont souvent aussi les créanciers. Les placements privés d’obligations pour des petits encours dans le réseau sont légion, tant sur les dettes seniors que sur les subordonnées. Ainsi, contrairement à ce qui se fait dans d’autres pays européens, comme récemment en Espagne, il peut être difficile pour le régulateur de pénaliser les porteurs de dettes, souvent des particuliers, qui considèrent ainsi que la garantie des dépôts est un leurre puisqu’on utilise leur épargne, placée sur les obligations de la banque (parfois même à leur insu) pour renflouer leur banque ! Notons ici les cas de Banca delle Marche, Caricheti, CariFerrara et Banca Etruria (autant d’établissements que les investisseurs professionnels ont rarement, voire jamais en portefeuille, tant les encours sont petits) qui avaient causé cette controverse au sein de la population italienne.
Au final, le plan de sauvetage des deux banques italiennes Vicenza et Veneto prévoit aujourd’hui une aide équivalente à 17 milliards d'euros (soit 3 fois le montant de recapitalisation initialement prévu) répartie comme suit : 5 milliards versés immédiatement pour recapitaliser et 12 milliards qui serviront à financer d’éventuelles nouvelles pertes pour le repreneur, Intesa SanPaolo qui s’est proposé pour racheter la banque… à 1 euro… Gageons que les calculs aient été fait de manière impartiale et dans l’intérêt du contribuable plutôt que des actionnaires du leader bancaire italien…
Notons enfin, pour remettre les choses en perspective, que les deux banques comptaient en 2016 environ 11000 salariés. L’aide de 17 milliards représente donc plus de 1.5 million d'euros par employé de ces deux banques ! Heureusement que tous les secteurs d’activités ne sont pas aussi exigeants en terme d’aide au fonctionnement ! Peu de chances que le contribuable italien apprécie, que ce type d’aide sans remise à plat du système permette à l’économie italienne de sortir de l’ornière et que le mécontentement politique de la population commence à s’éteindre…
Matthieu Bailly, Octo Asset Management
 


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